Tout
d'abord, il faut bien considérer que ceux qui souffrent de
dysorthographie (c'est à dire ne pouvant rédiger sans commettre de
fautes), en sont parfaitement conscients et qu'ils en souffrent !
Comme le constate un universitaire en parlant de ses étudiants
concernés par ce problème : « On entend dire que l'orthographe, ce
n'est pas capital. Quelle hypocrisie ! Les recruteurs qui liront
un jour les lettres de candidature ne diront pas, eux, que ce n'est pas
important. » Prenons d'ailleurs l'avis de l'un d'entre eux :
« Sévère et injuste notre sélection de candidats ? Pas
particulièrement. Mais pour trier les candidatures, on nous demande
d'oublier l'âge, le sexe, la nationalité, l'adresse... Alors on cherche
des éléments objectifs. Une bonne maîtrise de la langue, c'est un
indice de culture, de capacité à communiquer, de rigueur et de compétence. »
Enfin, lorsqu'on ne met pas la même chose derrière le sens des mots, on
ne se comprend plus. Ce qui inquiète particulièrement les enseignants
des matières scientifiques qui redoutent que leurs étudiants se
trouvent un jour bloqués dans leur progression intellectuelle. Un
exemple : à l'université pharmaco-cinétique d'Aix-Marseille, un
exercice a été donné qui évoquait le taux d'un médicament « en deçà du
seuil de toxicité ». Beaucoup d'étudiants – pourtant de niveau
bac + 4 –, ont échoué. Ils avaient confondu en deçà et au-delà, de significations évidemment opposées. On n'ose imaginer les conséquences d'un tel contresens dans la vraie vie...
Aujourd'hui, une mauvaise maîtrise du français est un véritable handicap dans le monde du travail.
Alors ouvriers, artisans ou cadres reprennent le chemin de l'école...
Qui dira la souffrance du salarié brouillé avec l'orthographe ?
Qui dira le malheur du chercheur d'emploi illettré incapable de remplir
seul un dossier de candidature ? CV, consignes de sécurité,
rapports, courriels... Jamais l'écrit n'a pris une telle place dans les échanges au travail. Jamais une mauvaise maîtrise de l'orthographe et de la langue n'a été si pénalisante.
Autrefois on pouvait signer d'une croix et tout de même trouver sa
place dans la société. Dans les champs, à l'usine, chez des artisans.
Aujourd'hui, c'est impossible. Le vigile ou le maçon laissent des
instructions écrites pour l'équipe suivante et la nounou doit
déchiffrer les notices de médicaments. Malgré l'épidémie de
dysorthographie, la mauvaise maîtrise du français écrit reste un marqueur social fort.
« Ras-le-bol des collègues qui se moquent de moi ! »,
« Je n'en peux plus que mon supérieur demande à revoir mes
courriels ! », entend-on constamment dans les stages de
remise à niveau orthographique. Salariés malheureux, managers
désemparés pour corriger leurs fautes (car ils doivent dorénavant
rédiger eux-mêmes leurs courriels, sans pouvoir déléguer cette tâche à
une assistante), jeunes pourtant très diplômés... tous ont honte. La
dysorthographie est un bien lourd handicap, voire une condamnation à
l'échec.
Pour résumer, une personne commettant de nombreuses fautes est en souffrance et en danger d'exclusion sociale, une société quant à elle verra son image de marque sérieusement altérée.
Puisse ce site aider concrètement les personnes, sociétés ou organismes
ayant besoin de présenter un texte irréprochable sur le plan de
l'orthographe et de la typographie.
Source : Le Nouvel Observateur (nº 2235)